Un Avis de lecture

Eragon

By Christopher Paolini
November, 2018

Le démarrage a été très difficile ! Entre le style un peu chaotique et plat qui trahissait le jeune âge et le manque d’expérience de l’auteur (Christopher Paolini était alors âgé de 15 ans ), et le sentiment très fort de lire une imitation immature et trop légère du “Seigneur des anneaux”, j’étais tentée à plusieurs reprises d’abandonner cette lecture. En effet, beaucoup de similarités existent entre les deux trilogies ; sans compter la présence d’elfes, nains et dragons, le nom “Eragon” lui-même fait écho au nom “Aragorn”.

Puis, au bout de 200 pages (et oui !), la distinction entre les deux oeuvres se fait un peu plus claire et la curiosité prend le dessus pour rendre cette lecture légèrement plus agréable, avec même quelquefois un certain amusement mêlé à de l’admiration à chaque fois que je me rappelais l’âge de l’auteur à cette époque ; ( c’est un travail ardu que d’écrire un livre, alors rendons lui au moins ça !)

L’histoire est basée sur les éléments typiques du voyage du héros. Le garçon qui se lie d’amitié avec une créature magique et puissante, le compagnon qui sert de mentor, le héros qui subit diverses épreuves, sa rencontre avec les alliés, le combat avec des ennemis mortels. Je ne suis pas contre la structure classique d’une fantaisie typique, néanmoins, j’aurais préféré qu’elle demeure plus discrète dans le récit. Reprendre les même tropes rendaient finalement prévisibles et les réactions des personnages et le déroulement de l’histoire elle-même.

D’un autre côté, bien que l’on sent une progression au niveau du style qui s’affine au fil des pages, la narration demeure assaillie par des descriptions détaillées, inutiles et fatigantes, parfois aléatoires (en pleine scènes de combats par exemple), de paysages forcés de paraître sublimes. Des images qui, pour la plupart, demeurent des images stagnantes plutôt que de les faire servir d’arrière-plans de la véritable action.

Le récit croulant sous de la sur-description, l’intrigue par conséquent, traîne énormément, et les indices trop évidents manquent aussi de subtilité. Les personnages quant à eux sont malheureusement peu crédibles. Leurs motivations paraissent trop simplistes et ne semblent pas être générées d’un désir profond. L’échange entre eux même semble forcé et exagéré. On ressent cette lourdeur dans les dialogues qui sont truffés de verbes de paroles ; (les verbes introducteurs tels que dire, répondre, etc). Entre l’action du personnage, sa parole et le report de cette parole par le verbe, il y avait une redondance qui gênait la lecture et accroîssait l’impression de lire un amateur.

Ceci dit, Eragon n’est pas un mauvais livre pour autant. Bien qu’il m’ait été difficile de tout apprécié, je l’ai trouvé plutôt divertissant. Néanmoins, je pense que le livre serait plus adapté à une plus jeune audience. Je recommanderai donc le livre aux jeunes enfants pour susciter leur amour pour la lecture, ou si vous n’êtes pas familiarisé avec ce genre, Eragon est un bon début. Dans mon cas, c’est certain qu’Eragon a suscité mon envie de me lancer dans la découverte des travaux de Tolkien !

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