Un Avis de lecture

Into the Wild

By Jon Krakauer
November, 2016

Je suis le genre de personne à croire fermement, dur comme fer, que les émotions ne suivent aucune logique. Nous pouvons les interpréter, les décortiquer, les analyser autant de fois que nous le souhaiterions, des manières les plus diverses et variées, nous faillirons toujours à comprendre leurs véritables origines. C’est un peu pour cela qu’il ne faut jamais juger une personne hâtivement, car nous ne saisirons jamais véritablement son cœur, et qui prétend pouvoir faire le contraire, s’accorde un pouvoir chimérique.

Chris McCandless m’a fait l’effet d’une personne hautement intelligente, mais d’une intelligence émotionnelle profonde. Cependant mon premier instinct, comme l’instinct de tout être humain digne de ce nom, a d’abord été de le juger.

Partir en Alaska aussi mal préparé, avoir l’audace de considérer la nature sauvage comme étant un allié et en sous-estimer le danger, relevait de l’irresponsabilité et même un peu d’une folie suicidaire.

Un concert de jugements, de prétentions et de critiques, différentes leçons de morales que beaucoup, moi y compris, s’en sont octroyé le droit. Certains plus sévèrement. Ce garçon serait-il juste un vulgaire casse-cou, un adrénaline junkie qui n’aurait rien accompli d’original ? Aurait-il été si arrogant au point qu’il aurait conduit sa personne à une mort imbécile ?

Quelques pages plus tard, l’auteur consacre un chapitre à des expériences qui peuvent être considérées comme étant similaires à celle de Chris- moyen d’aider l’audience à former une logique à son comportement en se basant sur la comparaison. Seulement, j’ai réalisé que la comparaison était le moyen le plus sûr de ne pas saisir Chris. Chacune de ses personnes qui avaient abandonné la vie confortable qu’ils menaient pour se résoudre au strict nécessaire dans une terre hostile et solitaire, avait une ambition unique profonde, tiraillé par des émotions brutes que seul l’intéressé pourrait essayer de pénétrer. Par conséquent, se contenter de juger, de qualifier le voyage de Chris comme relevant de la témérité, de l’ignorance et de l’arrogance ne ferait que générer un débat creux.

De là à glorifier son action, j’en suis bien loin. Mais je me dois de lui accorder ceci: Chris McCandless a accompli une chose qui nous est étrange dans la société moderne. Il a concilié ses idéaux, allongé ses convictions, ses capacités morales et physiques, en les mettant dans un mouvement qui les honorent.

Ce qui m’amène à me poser une question très importante. La société moderne, dépourvue de moralité et pataugeant dans l’absurde, satisferait-elle jamais une personne hautement sensible ? La communion avec la nature ne serait-elle pas le seul salut possible pour ce genre de personnes ?

Dans ce cas, Chris McCandless n’aurait fait que répondre à l’appel de son cœur. Aussi simple et merveilleux que ça. La soif du vrai et du beau l’a mené à une quête, même si d’apparence périlleuse, à la recherche de l’Absolu et du Sens intacts et exempts de toute empreinte pernicieuse de l’Homme.

Enfin, je souhaiterais concilier tous les avis par un simple passage du livre. « À la différence de Muir et de Thoreau, le premier but de McCandless n’était pas de réfléchir à la nature ou au monde dans son ensemble, mais plutôt d’explorer le domaine intérieur de son âme. »

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