Un Avis de lecture

We Should All Be Feminists

By Chimamanda Ngozi Adichie
November, 2017

Lorsqu’on vulgarise le terme “féministe” on pense souvent à une femme enragée, les poitrines en l’air, qui s’indigne dans un discours erratique et haineux devant le droit refusé aux femmes, mais accordé et acquis aux hommes de se balader torses nus.

Un mouvement féministe plus à même d’être pris au sérieux, plus difficile d’être tourné en dérision, et ayant plus de chance d’être considéré crédible quant à lui, juge d’abord nécessaire d’établir un dialogue. Il tente au mieux de ne pas insuffler de l’aigreur dans son discours, parce que colère il y a lorsqu’on évoque injustice.

Certaines d’entre nous, défendent la cause féministe en brûlant des soutiens-gorge, d’autres en s’indignant devant l’inégalité des salaires, et enfin d’aucunes essaient de rallier les hommes à cette cause qui n’est pas juste une question féminine mais aussi et surtout, humaine.

Bien que je n’aie pas été d’accord sur tous les points évoqués par chimamanda ngozi Adichie, son approche digne m’a séduite, son discours structuré a attiré mon attention, son langage clair et sans confusion, sans sous-entendus, sans ambiguïté m’a forcé à réfléchir plus sérieusement à la question.

Moi en tant que femme, moi en tant qu’ingénieur, moi en tant qu’écrivaine, moi en tant que religieuse et spirituelle, moi en tant qu’épouse, moi en tant qu’humaine… moi en tant que tant de chose à la fois dans un corps de femme, que pensais-je du féminisme, qu’elle était ma position sur la question ?
Hommes et femmes, nous sommes nés différents. La plupart de ses différences sont à mettre sur le dos de la biologie. Elles ne sont pas pour autant bénignes.

Une femme est délicate et fragile, mais en même temps, elle n’est pas délicate et fragile. Un homme est fort et robuste, mais en même temps, il n’est pas fort et robuste.

La féminité d’une femme peut être plus épanouie dans son rôle de femme au foyer. La virilité d’un homme peut-être plus épanouie dans son rôle de meneur de troupes.

Est-ce que cela fait que l’un est supérieur à l’autre ? Est-ce que cela implique que l’un fait un travail plus noble que l’autre ?
La féminité d’une femme peut être tout aussi bien épanouie en tant qu’ingénieur mécanique, et la virilité d’un homme peut tout aussi l’être dans sa carrière de danseur.

La cause féministe n’est pas concernée par ce qu’une femme peut faire, ou peut faire de plus ou de mieux qu’un homme. L’injustice s’établit dans le fait que féminité est synonyme de faiblesse. Et que pour contredire cet argument absurde quelques branches du féminisme font appel à la comparaison, la comparaison avec l’homme.

Pourquoi il n’est pas accordé à un homme et à une femme les mêmes accès, la même crédibilité, le même respect, la même décence sans dénigrer, sans se moquer, sans abuser, sans exploiter, sans violer, sans violenter, sans tromper?

C’est une réaction très candide, mais aussi douloureuse, que de pointer du doigt l’autre et de se demander “pourquoi lui il a le droit, et pas moi ?”

Seulement, avec ce raisonnement nous prenons le risque d’envoyer un message qui n’est pas favorable à la cause féministe. Ce risque c’est d’amener la femme à renier sa féminité afin de se prouver digne d’être l’égal d’un homme. Et même lorsqu’elle aura prouvé sa valeur sur base de ces conditions viriles, elle n’aura au mieux récolté que des réactions consternées dans le genre : “ tiens, la femme aussi peut…”.

La vérité est que beaucoup d’environnements professionnels sont hostiles à la nature de la femme, j’entends par cela que le milieu du travail est mieux adapté à la nature d’un homme et qu’une femme au lieu de prendre conscience de ce point de départ inégal, se flagellera intérieurement de sa « faiblesse » en serrant les dents pendant ses crampes, en feignant de trouver les blagues sexistes amusantes, en se forçant à trouver normal de renier tout ce qui indique qu’elle est une femme. Je me demande en passant à quel moment le harcèlement sexuel contre les femmes est devenu une question féministe, lorsqu’il s’agit tout simplement et d’abord d’un crime.

Mon souhait pour clôturer cet avis, est qu’on puisse dissocier le féminisme de l’image d’une femme tourmentée par la comparaison avec un homme, qu’au lieu d’accuser ou d’envier l’autre, chacune cherchera à changer ses conditions au lieu de changer sa nature.

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